Avec internet, la chasse aux belles Mercedes anciennes a été quelque peu modifiée. Les revues spécialisées en souffrent très certainement, car les voitures sont à vendre sur la toile avant de paraitre dans les petites annonces de La Vie de l'Auto, pour ne citer qu'elle.

Les bonnes affaires se font très rapidement, parfois au nez et à la barbe de nos amateurs hollandais et allemands, assez réactifs, qui peuvent aller jusqu'à acheter une voiture sans même l'avoir vue quand le modèle est rare ou recherché.

Pourtant, il arrive que des voitures passent et repassent sur les sites de vente sans qu'elles ne déchainent de passion. C'est ce qui était arrivé au coupé 250 C qui nous intéresse présentement, avant que je n'arrive à finaliser sa vente pour le compte d'un ami personnel qui lui a offert la remise en état dont il avait tant besoin.

Evidemment, cette Mercedes était trop chère, principalement du fait que son actuel propriétaire l'avait déjà acquise à un prix trop élevé dans une transaction immoblilère. Il arrive parfois qu'on doive acheter un pavillon dont le garage soit encore "meublé", pour que l'affaire se fasse.

C'est ainsi que plusieurs amateurs avaient proposé un prix réaliste à Monsieur Rouxel pour sa voiture sans toutefois arriver à la décrocher. Mes échanges téléphoniques furent nombreux, ma visite sur place m'ayant conforté dans mon jugement qui aurait du être sans appel...

La voiture était une excellente base pour une restauration de qualité, mais hélas une version à carburateurs moins recherchée qu'un modèle à injection d'essence, et trop chère pour quiconque souhaitait ne pas y laisser des plumes...

Il s'agissait pour ainsi dire d'une première main, qui avait été conservée par les deux filles du défunt après son décès pendant bien des années. C'est ce véhicule de famille à l'abandon d'entretien que notre agent immobilier avait été contraint de récupérer, et de remettre un minimum en état pour pouvoir s'en servir. A l'époque, un dégrippage des freins et un remplacement du silencieux arrière d'échappement avaient suffi pour profiter du coupé chic aux beaux jours.

Quoique séduits par une sellerie en velours du plus bel effet, nous avions du nous rendre à l'évidence qu'il était temps de faire un peu plus qu'une remise en route sérieuse... La carroserie partiellement repeinte trahissait en fait un choc arrière assez mal réparé. Les amortisseurs fatigués faisaient que la voiture se dandinait sur la route, aidée en cela par des rotules de direction usées, des silents blocs de train avant avachis...

Après un millier de kilomètres, ce qui était redouté arriva... La pompe à eau se mit à fuir, le moteur à hoqueter de plus en plus souvent... Evidemment, encore une fois, le réservoir d'essence était rouillé. La voiture prit donc la direction du garage, dont elle ressortit un mois plus tard totalement repeinte, révisée et réparée avec des pièces d'origine, et de beaux pneus neufs à bourrelet protecteur comme au premier jour.